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Procès du 28 septembre : dans ses derniers mots, le colonel Bienvenu Lamah dit accepter « quel que soit l’issue » du verdict

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Au terme des réquisitions et des plaidoiries dans le procès des événements du 28 septembre 2009, le colonel Bienvenu Lamah a livré, ce lundi, ses dernières déclarations devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn. Une intervention empreinte de gratitude, de défense de son parcours et d'un appel à faire prévaloir, selon lui, « la vérité », à quelques semaines du verdict attendu le 27 juillet 2026.
Prenant la parole une dernière fois, l'officier a d'abord remercié Dieu pour lui avoir permis de comparer en bonne santé et d'exposer sa version des faits. Il a également exprimé ses remerciements aux autorités de la transition, notamment au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, au Premier ministre Amadou Oury Bah, ainsi qu'à l'ensemble du gouvernement et aux forces de défense et de sécurité, avec une mention particulière pour la gendarmerie nationale.
Le colonel Lamah a ensuite apprécié la conduite des débats par le tribunal, affirmant sa confiance envers l'institution judiciaire.
« Monsieur le Président, je voudrais vous dire un grand merci. Merci à vous, merci à vos évaluateurs. Vous avez été à la hauteur, vous avez dirigé le débat et vraiment, en ce qui me concerne, quel que soit l'enjeu, je reste confiant. Je reste confiant et je respecte le tribunal. »
Évoquant ensuite la portée historique de cette affaire, l'accusé a opposé les deux dates du 28 septembre qui, selon lui, marquent l'histoire de la Guinée : celle du référendum de 1958 et celle des violences de 2009. Il a insisté sur la nécessité, pour les acteurs de cette période, de livrer leur vérité afin d'éviter que des innocents ne soient tenus pour responsables.
« Monsieur le Président, désormais en République de Guinée, il y a deux 28 septembre. Il ya le 28 septembre 1958, certainement nous qui sommes dans la salle on n'était pas nés, mais ceux qui ont élaboré ce 28 septembre-là ont dit la vérité. Il ya le deuxième 28 septembre, qui est le 28 septembre 2009. Nous qui sommes les acteurs, nous devons dire la vérité. Il y a des gens qui sont morts, on ne doit pas accuser des personnes innocentes. On doit dire la vérité quel que soit l'enjeu. Moi, je vais accepter. »
Revenant sur les accusations portées contre lui, le colonel Bienvenu Lamah a réaffirmé qu'il n'était pas lié à l'ancien régime du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). Il a rappelé avoir déjà expliqué devant le tribunal que son affectation à l'École nationale de gendarmerie de Kalia était intervenue avant l'arrivée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara.
« Monsieur le Président, lorsque j'ai comparé devant votre tribunal le jeudi 7 décembre 2023, j'ai dit devant votre barre ici : j'étais à Kalia avant l'avènement du CNDD au pouvoir. J'ai dit devant votre barre ici : ce n'est pas le Président Dadis qui m'a envoyé à Kalia. »
Pour étayer ses déclarations, il a cité une décision administrative datée du 27 juin 2008, signée par le chef d'état-major de la gendarmerie de l'époque, le général Jacques Touré, qui l'affectait comme instructeur à Kalia, soit plusieurs mois avant la prise du pouvoir par le CNDD.
« J'ai montré l'acte, la décision 356/EMG/Gendarmerie Nationale émanant du Chef d'état-major de la gendarmerie nationale à l'époque des faits, le Général Jacques Touré, le 27 juin 2008. J'ai été désigné comme instructeur à l'École nationale de gendarmerie de Kalia. »
Dans la continuité de son argumentation, il a soutenu que le décès du président Lansana Conté et l'installation du CNDD étaient intervenus après son affectation.
« C'est six mois après, le Général Lansana Conté a été rappelé à Dieu, le 22 décembre 2008, et le 23 décembre 2008, il y a eu la prise effective du pouvoir par le CNDD dirigé par le Capitaine Moussa Dadis Camara. C'est clair Monsieur le Président, j'étais à Kalia avant leur arrivée au pouvoir. »
L'officier a également rejeté toute relation personnelle ou professionnelle avec l'ancien chef de la junte.
« Monsieur le Président, il n'y a jamais eu de lien entre le Président Dadis et moi. Il n'y a jamais eu de lien avant le pouvoir, pendant le pouvoir et après le pouvoir. C'est lorsque je fus arrêté, j'étais à la Maison centrale, que j'ai vu le Capitaine Moussa Dadis Camara. Je n'avais pas de lien. »
Enfin, il a réfuté les affirmations selon lesquelles il aurait bénéficié de privilèges pendant la transition militaire, affirmant n'avoir reçu ni véhicule ni avantages particuliers.
« Monsieur le Président, pendant l'exercice du CNDD, je n'ai jamais retenu de décrets ou d'avantages comme les autres le dire ici. Qu'il avait partagé des pick-up, moi je n'ai pas reçu, du moins. À l'époque-là, je roulais sur un vélo. Mon vélo là, j'avais surnommé "la rumeur". Ceux qui m'ont vu sur ce vélo-là le savent. »
Sa prise de parole s'est achevée sur une phrase restée incomplète :
« C'est après, et passé par l'aide de Dieu, j'ai occupé d'une… »
Après ces dernières déclarations, le président du tribunal a mis l'affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 27 juillet 2026, une échéance particulièrement attendue dans ce procès historique consacré aux événements du 28 septembre 2009.
Kogno Célestin Sagno pour 224infos

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